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l’archéologie, la préhistoire,

la paléontologie, la géologie,

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Près de 200 œufs de ptérosaures ont été découverts dans un bloc de grès en Chine. Des os d’adultes ont également été retrouvés, ce qui laisse penser que les parents protégeaient les nids. © X. Wang et al., Science


Les premiers sanctuaires des chasseurs-cueilleurs

Il y a 11 000 ans, sur une colline turque surplombant la Syrie, Des mégalithes de plusieurs mètres encastrés dans des murs formaient de monumentales installations. Les sanctuaires auraient-ils précédé l’agriculture et l’élevage ?

Göbekli Tepe est un complexe de sanctuaires construits pendant la Préhistoire, des siècles avant l’agriculture et l’élevage. © Shutterstock.com/Sezai Sahmay

Göbekli Tepe, c’est-à-dire, en turc, la « Colline au nombril », porte-t-elle en son ventre les plus anciens sanctuaires de l’humanité ? Oui, pour Oliver Dietrich, qui se souvient encore du jour où il a pour la première fois été confronté à ses mégalithes : « Je me sentais écrasé et ne pouvais croire que ce que je voyais avait 11 000 ans ! » Cet archéologue berlinois fouille depuis dix ans ce complexe de sanctuaires découvert en 1995 au sein d’un tell, c’est-à-dire de l’une de ces buttes artificielles constituées par des occupations humaines successives dont regorgent le Levant et la Mésopotamie. Déjà impressionnant en soi, ce tell l’est aussi par son implantation : il se trouve à 800 mètres d’altitude au nord du plateau de Harran, dans le sud-est de la Turquie, de sorte que par beau temps, depuis Göbekli Tepe, on aperçoit la Syrie.

Le fait que ces installations étonnantes datent de 11 000 ans stupéfait les archéologues parce que cela les place plusieurs siècles avant l’agriculture et l’élevage, qui ont commencé au cours de la première moitié du IXe siècle avant notre ère au Proche-Orient.

Les préhistoriens savent depuis longtemps que les mutations économiques et sociales qui ont conduit au Néolithique se sont produites par petites étapes différant d’une région à l’autre (ils évitent désormais de parler de « révolution néolithique »). S’il est clair que les chasseurs-cueilleurs du Xe millénaire avant notre ère vivaient encore de la nature, ils exploitaient déjà les plantes sauvages d’une façon systématique et entretenaient sans doute aussi des cheptels d’animaux sauvages. C’est ainsi qu’ils auraient progressivement acquis les connaissances clés nécessaires à la domestication de plantes et d’animaux. Même s’ils étaient toujours chasseurs, ils s’installaient de façon saisonnière et parfois définitive dans des habitats fixes, où ils n’employaient pas encore la céramique pour stocker, préparer ou consommer leur nourriture. Les installations cultuelles de Göbekli Tepe relèvent de ce stade culturel protonéolithique dit du Néolithique précéramique A, une période d’un millénaire à peu près, qui s’étend de 9600 à 8600 avant notre…


Un trésor retrouvé à Cluny

La découverte de monnaies d’or et d’argent à l’Abbaye de Cluny illustre l’histoire européenne dans la première moitié du XIIe siècle.

Une vue d’ensemble du trésor découvert à Cluny. Vincent Borrel, Aoroc, CNRS, ENS

Une cornaline gravée en intaille sertie dans une bague en or pour former un sceau constitue sans doute l’objet le plus précieux du trésor qui vient d’être découvert dans l’abbaye de Cluny. Anne Baud et Anne Flammin, du Laboratoire Archéologie et archéométrie (CNRS/université Lyon 2 et Lyon 1) recherchaient à la pelle mécanique les fondations de l’ancienne infirmerie de la célèbre abbaye de Saône et Loire, lorsqu’une étudiante participant aux fouilles aperçut une pièce d’argent dans la terre. L’alerte donnée, une fouille prudente à la main ramena au jour plus de 2200 deniers et oboles d’argent frappés par l’abbaye au cours de la première moitié du XIIe siècle. Ils furent enterrés dans un sac de toile contenant un petit paquet de peau tannée et nouée protégeant une feuille d’or pliée de 24 grammes, un petit objet circulaire en or, la bague sigillaire évoquée et 21 dinars en or frappés entre 1121 et 1131 en Espagne et au Maroc, donc au sein de l’empire berbère almoravide .

Ce trésor date manifestement de la première moitié du XIIe siècle, une période pendant laquelle l’abbaye est encore à son apogée, mais commence à avoir des difficultés financières, notamment suite à la construction de Cluny III, une nouvelle église abbatiale, qui fut la plus grande d’Occident.


Les volcans, berceau de la vie ?

La vie n’a peut-être pas émergé au fond des océans, mais dans des sources chaudes à proximité de volcans. Telle est l’histoire que racontent des bulles anciennes récemment trouvées dans des roches australiennes.

La vie serait-elle apparue dans un bassin d’eau chaude similaire au Grand Prismatic Spring, dans le parc de Yellowstone, aux États-Unis ? © Werner Van Steen

Le Pilbara, une région reculée de l’Australie a permis à deux géologues – Tara Djokic et Martin Van Kranendonk – de découvrir  la formation de roches sédimentaires âgées de 3,48 milliards d’années nommée le Dresser. Certaines roches de cette formation, les geyserites, sont constituées de strates plissées orange et blanches. Un geyser volcanique les a créées à la surface de la Terre. Elles se sont révélées contenir des bulles dont les caractéristiques sont telles qu’elles se sont sans doute formées quand du gaz a été piégé dans un film collant, très probablement produit par une fine couche de microorganismes semblables à des bactéries. Ces roches et les indices de biofilm suggèrent une nouvelle réponse à l’une des plus grandes énigmes de notre planète : comment et où la vie est apparue. L’événement a pu se produire dans des sources chaudes et des mares volcaniques terrestres il y a environ 3,5 milliards d’années.

Les biologistes ont depuis émis l’hypothèse que ces lieux, protégés des cataclysmes frappant la Terre il y a environ 4 milliards d’années, auraient fourni les ingrédients nécessaires à l’apparition de la vie : un abri, des nutriments et de l’énergie. Mais cette théorie a des faiblesses. En particulier, l’océan est vaste, et les molécules s’y éparpillent probablement trop vite pour interagir et former des membranes cellulaires et des métabolismes primitifs. A suivre…